La Fondation Boutros-Ghali pour la Paix et la Connaissance a organisé un séminaire intitulé « L’impact de la guerre dans la région sur l’économie de l’énergie » au siège du Club diplomatique, le mercredi 29 avril
Le séminaire a donné lieu à une discussion approfondie sur les grandes transformations du secteur énergétique à l’échelle mondiale et leurs conséquences directes sur l’économie égyptienne. Parmi les intervenants figurait M. Ayman Abbas, président du conseil d’administration d’ADES Holding et du groupe Intro Holding, qui a abordé le concept de « l’arme énergétique ». Il a souligné que le pétrole reste un élément déterminant de l’économie mondiale malgré l’orientation vers les énergies propres. Il a expliqué que ces dernières années ont été marquées par une baisse du financement des projets d’exploration et de forage en raison de l’évolution des politiques internationales, entraînant une diminution des nouvelles découvertes, ce qui pourrait affecter l’offre future. Il a également évoqué des déséquilibres évidents dans la tarification du pétrole, apparus lors des fortes hausses en période de crise, ainsi que l’impact en cascade de la crise énergétique sur différents secteurs, de l’industrie à l’alimentation, soulignant l’importance de considérer les crises comme des opportunités de repositionnement économique.
De son côté, le Dr Mohamed Farouk, directeur général d’ADES Holding, a expliqué que le monde traverse une phase que l’on peut qualifier de « guerre de l’énergie », dans laquelle des outils géopolitiques sont utilisés pour redéfinir le contrôle des ressources pétrolières et gazières, influençant directement l’équilibre mondial entre l’offre et la demande. Il a ajouté que les prix actuels du pétrole ne reflètent pas leur valeur réelle dans un contexte d’instabilité, prévoyant une poursuite de la hausse en raison de la « prime de risque ». Cela constitue, selon lui, un lourd fardeau pour les pays importateurs, notamment l’Égypte, en particulier avec l’augmentation de la consommation locale et de la facture énergétique.
Dans une intervention importante, M. Mamdouh Abbas, président du conseil d’administration de la fondation, a ajouté que le secteur pétrolier fait face à des défis d’investissement complexes, notamment le coût élevé du financement et la difficulté d’obtenir des prêts à des conditions appropriées, ce qui affecte négativement les plans d’expansion et de croissance. Il a expliqué que la nature de ce secteur exige des investissements massifs et une vision à long terme, rendant toute perturbation du marché ou des politiques de financement particulièrement influente. Il a également insisté sur la nécessité d’un équilibre délicat entre l’État et les investisseurs, dans un marché mondial régi par des considérations politiques et économiques imbriquées. Il a souligné que la volatilité des prix et l’augmentation des risques imposent l’adoption de politiques plus flexibles pour soutenir les investisseurs et renforcer la stabilité du secteur.
Plusieurs intervenants ont également souligné que l’Égypte dispose d’atouts stratégiques lui permettant de jouer un rôle central en tant que hub énergétique régional, grâce à sa position géographique et à ses infrastructures, notamment dans un contexte de perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales. L’accent a été mis sur l’importance d’intensifier les nouvelles découvertes, en particulier en Méditerranée et en mer Rouge, ainsi que sur la rationalisation de la consommation et l’adoption de solutions technologiques modernes, telles que les systèmes de paiement intelligents, afin de réduire la pression sur les ressources et d’améliorer l’efficacité de la gestion énergétique.
Dans l’ensemble, le séminaire a mis en évidence un consensus selon lequel la crise énergétique actuelle, malgré sa complexité, représente une réelle opportunité de redéfinir les politiques économiques, de renforcer les partenariats internationaux et de tirer parti des capacités disponibles afin d’assurer davantage de durabilité et de stabilité dans un secteur parmi les plus déterminants pour l’avenir de l’économie mondiale.
Le séminaire a réuni un grand nombre de personnalités publiques, diplomates et professionnels des médias, notamment les anciens Ministres Amr Moussa, Ziad Bahaa El-Din, Mohamed Fayek, Mounir Fakhry Abdel Nour, Ahmed Darwish, Sameh Shoukry, Sameh Fahmy, Mohamed El-Orabi, Mostafa El-Feki et Ali El-Din Hilal.


